Peut-on laisser advenir l’émotion dans le cadre judiciaire ?

Martine de Maximy, Claudine Cany – 27 novembre 2014

 

Dans la justice, en matière pénale, souvent, et encore plus fréquemment dans la justice des mineurs en assistance éducative, l’émotion est présente.
La cour d’assises est un lieu de sang, de sexe, de larmes et pourtant les débats doivent se dérouler dans la sérénité. Contraste recherché et parfois difficile à atteindre.
Le cabinet du juge des enfants est le lieu des déchirures familiales, des souffrances des enfants et des parents et là aussi, le juge doit, selon la prescription de la loi, s’efforcer de recueillir l’adhésion de la famille à la mesure qu’il envisage d’ordonner. Nécessité, à la fois, de ne pas se tenir à l’écart de l’émotion des justiciables, difficulté de ne pas se laisser gagner soi-même par cette émotion.
Je tenterai d’analyser cela à travers mon expérience de présidente de la cour d’assises et surtout de juge des enfants, notamment dans l’étude d’un cas.