Bateson et les thérapies familiales, mythe ou réalité etc

Jacques MIERMONT – 09 février 2009

 

De 1946 à 1953, G. Bateson participe aux conférences de la Fondation Macy, réunissant des spécialistes parmi les plus éminents des sciences mathématiques, physiques, biologiques, psychologiques et sociales dans ce qu’il est convenu d’appeler le groupe de la cybernétique.
En 1952, il obtient une bourse de la Fondation Rockefeller pour un projet de recherche sur les paradoxes de l’abstraction dans la communication.
Pendant dix ans, jusqu’en 1962, il réunira deux de ses étudiants, J. Weakland, ingénieur chimiste et sinologue, et J. Haley, spécialiste des mass média, ainsi que deux psychiatres du Veteran Hospital de Menlo Park, W. F. Fry et D. D. Jackson, et J. B. Weelwright, ami et chercheur de sa génération, pour tenter de relever le défi de cet investissement.
Sous l’impulsion des deux psychiatres du groupe, il orientera la recherche, plutôt à son corps défendant, sur les communications entre les personnes souffrant de schizophrénie et leur entourage.

Ce groupe de recherche produira une soixantaine d’articles, en proposant en particulier la théorie du double bind qui aura un retentissement considérable dans le champ des thérapies familiales.
En 1978, vingt-deux ans après la description du double bind dans les interactions schizophréniques, Gregory Bateson fera un bilan critique cinglant sur l’intérêt de cette théorie pour le traitement des patients. Tout au plus reconnaîtra-t-il sa pertinence pour la compréhension de la situation pour les soignants, tout en admettant la possibilité d’une aggravation de la souffrance chez le patient et ses proches.

Qu’en est-il cinquante ans après ?
Avec une trentaine d’années de recul, au contact régulier des malades souffrant de schizophrénie, de leurs proches familiaux et des soignants, l’auteur de ces lignes pense qu’il est possible d’entrevoir, avec un certain nombre d’ajustements méthodologiques et épistémologiques, des consultations avec les patients et leurs familles qui débouchent sur des effets thérapeutiques. De telles rencontres conduisent tout à la fois à faire évoluer les contextes de soins et la conception des éco-systèmes humains.